Quand on regarde un [très jeune] enfant en fait, ce que l’on voit, ça n’est pas -UN- poupon, mais bien une quantité infinie de ce poupon.
Hein ? Mais il est tout seul ce gosse ?! il n’y a pas d’autre -lui- aux alentours, si ?! Si fait, ce que nous -adultes- voyons avec notre regard expérimenté, la façon dont nous percevons le monde nous prête à penser que cet être est un -lui- unique, complet. Un seul et unique lui, comme nous ne sommes qu’un seul et unique nous.
Mais lui (ou elle hein), lui ne -sait- pas tout ça. Il ne sait pas qu’il ne sera qu’un -moi-. Ce petit bout d’être qui apprend à comprendre quelque chose de ce monde, c’est une quantité infinie de moi qui essaient d’y comprendre quelque chose. Ce que ses yeux voient est un moi, ce qu’il entend en est un autre, ce que sa bouche -voit- en est encore une autre, chaque bout de peau est un nouveau moi. Toutes ses parties sensibles cherchent à créer du sens avec les différents types de perceptions qu’ils manipulent. Tout ces moi essaient bien de se parler entre eux, mais laissons leur déjà du temps à se comprendre eux-mêmes !
Jusqu’à temps que ce cerveau apprennent à se parler, à créer un sens commun, à unifier ses moi pour n’en faire qu’un; ce moi restera pluriel.
Mais après, comment ça se passe ? Y a-t-il une forme de lutte ? Un de ces moi plus « imposant » que les autres définit-il le moi unifié ? Est-ce qu’un moi unifié (un nouveau moi), superposant tout ces -moi- individualiste « naît » au travers de cette association/communication qui se forme entre tout ces moi ? Ce « super-moi » serait peut-être celui que nous sommes, qu’ils deviendront (tout ces moi)… ?
En fait, tous ces moi isolés sont des instances tellement intéressantes à penser, elles permettent d’entrevoir le monde selon des modes sensitifs bruts, non combinés, moins biaisés [par tous ces moi assourdissants]…
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