C’est quoi l’histoire d’un prénom ?

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C’est souvent lorsque des événements banals de la vie se produisent et qu’ils coincent un peu qu’on a l’occasion de réfléchir à la signification que nous partageons des choses, aux concepts souvent pris pour acquis par formalisme ou simplement par facilité.

Lorsque mon fils est né (nous ne savions tout d’abord pas si c’était un ou une), nous n’étions pas arrêtés sur le prénom que nous donnerions à cet enfant. Tout d’abord, c’est lourd un nom, je crois que la majorité des parents ont considéré cet aspect.

Mais ce qui est étonnant à mon sens, c’est de comparer les pratiques réelles [tacites] en plus de celles qui sont obligatoires [institutionnalisées]. En France par exemple, les parents ont 3 minuscules jours pour déclarer leur enfant (art. 55[1] du Code civil français) sinon c’est un casse-tête juridique, ce qui inclut explicitement un prénom. Au Québec [2], c’est de 30 jours que les parents disposent pour déclarer ce prénom (et la naissance). [Si vous avez des infos pour d'autres pays, je suis preneur]

Une amie d’une grande sagesse m’a un jour expliqué combien elle trouvait difficile de prénommer son fils considérant qu’il s’agit d’un nouveau membre de la famille, autrefois étranger à celle-ci. Comment faire pour lui imposer un prénom, lourd de sens car il s’utilisera tous les jours de sa vie, sans même le connaître ?! Sinon par un certain égocentrisme.. ? (autant pour moi soit dit en passant!)

Et parlant de sens, quelle type de sens utiliser pour désigner quelque chose de vivant, qui évolue et se transforme toute sa vie ? Faut-il utiliser une fonction symbolique, esthétique, poétique, relier ce nom à une situation, un endroit, un groupe ? [ou rien de tout cela.. ?]

Il est bien connu des amateurs d’ethnologie que de nombreuses peuplades ont des pratiques totalement différentes des nôtres quand au nommage de leurs mouflets. Pour ne citer que les amérindiens qui pouvaient porter différents noms leur vie durant selon les événements qui les marquaient. On aura des exemples similaires dans les contrées africaines avec des noms d’enfant et d’adulte et bien d’autres variantes.

Est-ce notre pratique bureaucratique et extériorisé qui nous impose de ne porter qu’un seul nom ? Enfin, de ne pas pouvoir en changer si vous préférez. Quels étaient les pratiques anciennes ? Lorsque nos aïeuls se nommaient « DuBoutDuRang » (lieu) ou « Cheminot » (fonction).

Tout simplement, la question que je me pose à ce moment considère l’aspect figé de la désignation d’un objet [vivant] et la représentation (la valeur sociale) que nous faisons de cette dite désignation.

Pour l’instant, je me sens mitigé (intellectuellement, mes « tripes » parlent autrement) entre le besoin social –ÉNORME– d’une telle représentation, l’utilité effective qu’on en fait selon les contextes et sa portée/son imposition chronologique.

– Je continuerais bien cette réflexion sur les usages contemporains des noms, ceux que l’on retrouve sur le web et les avatars : ces nouvelles pratiques qui consistent justement à se réapproprier son nom (ou surnom si on préfère) selon les contextes… Mais bon, cette note est déjà assez longue, cela sera pour une autre fois ;) –

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Dernière modification 5 octobre 2010.
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