Bien sur que vous les formez

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C’est marrant cette obligation qu’on s’impose à toujours rester ultra-humble. Ça peut sembler pratique de conserver une forme d’anonymat (ou [de fausse?] ignorance?), mais qu’est-ce que c’est ennuyant toutes ces personnes qui refusent de reconnaitre l’impact qu’ils ont sur le monde et plus spécifiquement sur leur univers.

Récemment, j’avais une discussion sur les caractéristiques professionnelles des individus, pourquoi certains sont autonomes alors que d’autres ne le sont pas vraiment (pour ne pas dire pas du tout), etc. J’aime bien à mettre en perspective un aspect flagrant du milieu professionnel français, j’ai nommé la Hiérarchie (avec son grand H) et tout son opus de comportements nauséabonds. Comment les supérieurs se plaisent (ou se plaisaient) à protéger leur pouvoir, limiter l’autonomie, déconsidérer les travailleurs, etc. (C’est un fait des plus troublants de la France, mais ce n’est pas le propos de cet article, nous y reviendrons probablement dans un autre log…)

La discussion s’articulait donc globalement sur : comment les travailleurs (peu importe le niveau hiérarchique) intègrent des normes comportementales, à quel moment, par qui, etc. Comment peut-on [ou peut-on tout simplement] agir sur des schèmes comportementaux professionnels [déficients, obsolètes, ringards et/ou irritants]? Nous avons retenu deux causes importantes représentées d’abord par les périodes de changements et d’intégration de nouvelles normes.

Accommodation / Changement

Un changement peut s’effectuer selon bien des perspectives : sociales, environnementales, type de tâches, etc. Il suffit que celui-ci soit suffisamment important pour exiger une réorganisation cognitive de l’univers professionnel d’un individu. Durant cette période, un individu va expérimenter de nouvelles approches de son univers professionnel, de nouvelles techniques, etc. et sera, comme tout homo sapiens, à la recherche d’un certain degré de consentement de la part de son entourage social. Cette période est extrêmement propice à la mise en place de schèmes comportementaux/professionnels qui découleront probablement de cet univers social. Est-ce que l’individu est traité/reconnu comme un enfant ou comme un professionnel qui s’habitue a de nouvelles tâches, qu’exige-t-on de lui comme travail (quantitatif et qualitatif), etc. La totalité de l’entourage professionnel aura un impact plus ou moins important sur la mise place de ces schèmes.

Formation

Et j’en viens à mon second point, c’est lors de la mise en place de ces nouveaux schèmes que vous avez une recherche d’approbation (non pas comme celle que l’on verrait chez un enfant, mais sur un plan professionnel : c’est ce qu’on attend de moi (mal décrit, à réécrire..)) et que vous formez réellement vos gens. Une fois cette période d’accommodation, il devient beaucoup plus difficile de mettre en place de nouveaux comportements. Durant ces moments, vous avez en tant que gestionnaire [ou pas] l’occasion de former vos gens. Si si, ne mâchons pas les mots, peu importe votre âge, fonction, conscience de ce que vous faites/exigez, vous les formez, vous avez un réel rôle de formation sur le travail qu’ils effectueront et sur la manière dont ils le feront. Pour faire simple, personne n’a pas d’influence.

Ceci pour rappeler combien cela peut être pénible de se retrouver dans des équipes de travail qui ont été formées par d’autres avec des schèmes de travail qui ne sont pas les nôtres et qui peuvent parfois être clairement obsolète ou même inutile (je pense à certains schèmes pédagogiques, log à faire là-dessus..). Bien entendu, en fonction de votre statut hiérarchique, vous aurez plus ou moins l’occasion de former vos gens, si vous êtes le petit dernier rentré au bas de l’échelle dans une situation d’entreprise stable, vous n’aurez en fait aucune occasion de former les gens même si c’est votre job, mais si vous êtes parachuté sur une fonction de gestionnaire, vous aurez bien sur plus d’impact [à condition bien sur que vos gens soient dans une situation d'accommodation cognitive, changement professionnel sinon c'est la galère].

J’entends déjà certaines critiques me répondre : oui oui, mais on le sait déjà tous ça. Mais cet article est là principalement pour rappeler que consciemment ou pas, vous [ou ceux avant vous] formez les individus à mettre en œuvre des schèmes comportementaux. Et que si vous vous retrouvez dans une situation dans laquelle vous deviez modifier ces schèmes inadaptés [pour le bien de cette personne, pas forcément urgent à modifier], il vaut mieux créer une situation d’accommodation cognitive, créer un changement significatif dans la représentation de l’univers professionnel de cet individu pour arriver à cette fin. Rien ne sert de gueuler et/ou d’exiger et/ou de répéter, utilisez votre ashtuce, nous communiquons bien plus et bien mieux sans paroles…

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Dernière modification 4 août 2009.
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